Au second semestre 2011, sortira mon prochain roman 'Yéshoua - Au nom du Fils' aux éditions Télémaque - www.editionstelemaque.com
En voici pour vous la présentation:

 

Yéshoua, Fils de l’Homme, attend dans son cachot l’heure de sa crucifixion. Les souvenirs lui reviennent, ceux de ses dernières années vouées à son Père, pleines des personnages qui ont adhéré à sa vérité, mais également toutes les longues années qui ont forgé sa destinée. Son enfance, durant laquelle il a découvert le don qu’il possédait de guérir, où il a été témoin de la violence des hommes, juifs zélotes et païens romains, où il a appris à détacher sa voix de celle du peuple.

Des épisodes sont révélés qui nous font découvrir la manière de vivre à cette époque des habitants de l’ancien royaume de Juda, des épisodes fondateurs du futur de Yéshoua. Son adolescence se dévoile, pendant laquelle il n’ose encore se détacher de la Tradition, qui le voit évoluer sur les chantiers de Galilée jusqu’à ce mariage auquel il se dérobe, cette découverte de la complicité féminine qui s’ébauche cependant, communion de l’esprit qui trouvera son plein épanouissement des années plus tard avec Myriam de Magdala.

Quand Yéshoua quitte enfin les siens pour obéir au murmure d’Elôhîm, près de quinze années d’errance s’ouvrent à lui. De sa période essénienne à son séjour chez les Thérapeutes d’Alexandrie, de sa passion amoureuse pour Tabitha sur les rivages de Tyr à sa dévotion à Méira, Yéshoua s’initie aux mystères de l’existence avant d’accepter enfin la révélation que lui a faite l'Immergeur, son cousin Jean, quand ils étaient plus jeunes.

Se confrontant à l’échec, au doute, à la peur, au questionnement, c’est à Maaloula, du côté de Damas, là où selon la Bible s’étendait le désert du Nord, qu’il se plie au jugement de Dieu. À Sidon, le thaumaturge Apollonius de Tyane le confortera dans son pressentiment d’une gloire crucifiée.

Le temps du Ministère venu, Yéshoua s’ancrera dans une volonté toujours plus farouche de montrer aux hommes l’étendue de son amour par un sacrifice ultime… Après le temps de l’innocence, Yéshoua va se fier à la puissance du Verbe pour accomplir la mission dont son Père l’a investi. De nouvelles figures vont alors s’engager sur le chemin de la Vie avec lui. Issues de divers horizons, elles tiendront chacune à leur façon un rôle dans la renommée de son nom. Mais le pouvoir veille. Yéshoua sera une nouvelle fois confronté à l’orgueil et au calcul des hommes. Il devra affronter le tétrarque Antipas qui a déjà condamné celui qui l’a précédé sur la voie de l’illumination, le grand prêtre Caïphe qui veut assurer la pérennité du Temple. Il devra fuir, se découvrir devant l’espérance des plus humbles, montrer la lumière à ceux qui ne voient plus, faire entendre ceux qui n’écoutent plus, accepter, nous raconter les secrets de sa naissance et se soucier de Barabbas, du fils du père, qui s’introduira auprès de lui comme une déchirure plus précieuse que d’autres. Lequel mènera l’autre à sa perte ?  Lesquels, au terme de cette histoire, des Romains et des juifs du Sanhédrin, ourdiront le complot ? Le drame se jouera en plusieurs actes, l’esprit et la Lettre s’affronteront. Un conflit entre royaume de la terre et royaume merveilleux et au moment de sa mort, l’exclamation : « Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? » prendra tout son sens.

 


Maintenant pour celles et ceux qui auraient envie de découvrir le sujet du roman sur lequel je travaille et qui renoue avec une littérature plus contemporaine, je vous invite à vous plonger dans les toutes premières pages de celui-ci.


Pour le résumer très brièvement, il va s'articuler autour de l'histoire d'une jeune fille en quête de son passé. Un drame actuel agrémenté, si je puis dire, de tous les ressorts de la tragédie grecque (fatalité, malédiction familiale, solitude de l'héroïne, dérives de la passion...). 
Bonne lecture à vous.

A noter, évidemment, que ce début est un premier jet appelé à être retravaillé.


PROLOGUE

La mort est sous les toits. Il y a la mort tapie là dans le palais de justice. Bien peu de gens de robe ont pénétré pour l'heure son enceinte, l'édifice  semble soumis au silence des aubes sereines, et pourtant, derrière une porte de bois verni identique à des dizaines d’autres et décorée d’une plaque où s’inscrit en lettres majuscules un nom, une fonction : JULIEN MALLORY, PRESIDENT DE DEUXIEME CHAMBRE, le monde s'est mis à tourner à l'envers. 
Rien ne bouge dans l'attitude des deux silhouettes qui s'affrontent, un soupçon de chantage affectif les retient encore. Et puis en marge du hasard et du temps, un pistolet d’ébène danse soudain dans les verticales de poussière or. Le face-à-face se brouille alors de sentiments extrêmes, un pardon s’ébauche sur les lèvres de l’homme. Il a le cou tendu à la façon d’un rapace, mais les yeux chassieux, le cœur sous séquestre. Julien Mallory, juge et coupable, n’est plus lui-même. C’est la fin d’une histoire, de leur histoire et il le sait. Sa fille a beau  lui faire découvrir son néant, elle reste la plus belle pour lui; il a encore le goût d’elle sur son âme.
La touffeur de la pièce est insupportable. Au plafond, le ventilateur de palissandre ne fonctionne plus. Une sueur jaillit du front du juge, il ne la ressent pas, ne l'essuie pas. Les déclarations énoncées au préalable ont ingéré son espace vital. Il ne quitte plus maintenant du regard le tendre visage pour lequel il a tant perdu. Il n'espère plus.
Le pistolet vient d'être posé à ses côtés, un P 38 aux parties saillantes patinées; dans combien de mains est-il déjà passé ? …
Julien Mallory ne pense plus. Lui qui a toujours su vaincre, ne pas plier ; cette fois la relâche est abrupte. .Comme son lieu de travail et de vie lui paraît  hostile tout à coup ! Et vain, si vain ce bureau chargé de dossiers qui flirtent avec le véniel, le sordide, ces boiseries de chêne contre lesquelles s’appuient des étagères remplies d’ouvrages de référence judiciaire. Quel sens leur donner en cette heure ? ! Le pardon est l’excuse des faibles, argue son vis-à-vis. Les mots glissent sur sa langue comme un souffle glacé, il comprend. Il n’y a plus d’amertume entre eux. Un baiser d’absinthe s'apprête à clore la scène. La main se tend, le pistolet est d’ébène. Un tourbillon d’émotions sabre la réalité du juge; entre honte, chagrin, peur, lassitude. Elle était son enfant, rien d’autre, n’est-ce pas. Son enfant.
 
1


Dix-sept ans plus tôt
Fin des années 60

Sur fond de ciel cru se détachent les toits de lauze d’un hameau de pleine campagne. Une barrière montagneuse forme en arrièrre-plan la ligne d'horizon. L’été s’annonce chaud et lourd. De violents orages gâtent la région, retardant les fenaisons. Une pluie diluvienne est encore tombée au petit matin. Elle a raviné les pentes, transformé certains chemins en torrents, coupé d’autres en maints endroits. Mais en ce temps présent, les nuages se sont depuis longtemps dissipés et malgré l’heure tardive, le soleil s’obstine à éclairer les pâturages et parcelles boisées. Parmi cet ensemble, un champ de blé  s’étire le long de la route vicinale. C’est là, entre les épis dorés, que bébé vient de naître.
Stagnant dans l’atmosphère, masquant le parfum des graminées, les effluves d’humidité accrochés à ras de terre, une odeur de sang.
Au nom du père,
du fils
et du Saint-Esprit,
Une odeur de sang tenace qui dit que la vie se dépare d'un trépas. Une femme est morte.
Sur son ventre, une boule de chair transperce l’air de ses pleurs. Et au-dessus d'elle, des mouches qui volettent. Dans l’une des paumes entrouvertes de l'inanimée se distingue une vierge en bois irréprochable.
L’imagination est fertile dès lors qu’il s’agit de construire une naissance par éléments dérobés. Bébé devenu grand s’est forgé ses propres souvenirs. Bien qu’ils soient de ceux qui meurtrissent, ils sont nécessaires et il lui faut les extraire de sa moelle perverse. S’il te plaît, raconte encore.
Alvaro Torres est le premier à entendre les cris du nouveau-né. Alvaro est un enfant de la balle, un saltimbanque qui a définitivement laissé derrière son Espagne natale pour adopter le pays de son épouse quand elle a accepté d'aller et venir avec lui dans ses roulottes arc-en-ciel.
« Holà ! », lance-t-il à son cheval, une rosse à la robe tachetée avant de se diriger vers l’endroit d’où proviennent les cris. Une seconde roulotte s'immobilise, menée par un jeune garçon.
Bébé pleure et a froid. Il est nu, a la peau rouge. La mère a arraché le cordon avec ses dents et l’enlace à présent de ses bras inertes. Autour d’elle, des abeilles  butinent le suc des fcoquelicots qui se mêlent à l'or des épis. Et le souffle de l’air qui se coule autour des membres minuscules.
A la suite de son époux, Mélaine Torres descend de la roulotte, ses formes plantureuses étreignent des langues de tissu violine qui dansent autour d'elle. Elle aussi s’approche. Le cœur tout retourné par la scène décadente qui s'offre à ux, la femme entame le signe de croix. La nausée se glisse au creux de son ventre.
Dans le bleu du ciel, un épervier tournoie. La luminosité déborde d’inclémence. Alvaro se ressaisit, s’incline jusqu’à couvrir de ses coudes la terre brunâtre et grasse, engorgée d’eau.
- La petite vivra, elle veut vivre. Écoute-là…
La miséricorde de Dieu est grande, Lui qui les a mis sur son chemin. Reste à savoir maintenant ce qu'ils vont faire de ce bébé. Le confier aux autorités ? Alvaro n’aime guère les porteurs de képi. Et puis les Torres se veulent catholiques par hérédité, superstitieux par excès, ils n'iront pas à l'encontre de la volonté divine. Ils ont trouvé cette petite, ils la garderont.
Elle aura nom Zahra. Zahra née au milieu des fleurs.
L’émoi manifeste, les mains tremblantes, Mélaine baise le front gluant. Le bébé est sien dorénavant.
Quant à la mère… Le couple ne peut plus grand chose pour elle. Alvaro récupère la vierge sculptée dont elle n’aura plus besoin, témoin indélicat de la réalité de son existence. Et parce que les yeux de l’inconnue singent l’effroi qu’elle a dû éprouver en se voyant ainsi devenir mère, parce qu’il veut effacer cette douleur muette, Alvaro, malgré sa répulsion, rabaisse ses paupières.
« L’enfant sera toujours vôtre', marmotte-t-il dans le vent.

Si seulement cet homme de bien savait combien ses paroles sont lourdes de sens, comme l’avenir augure déjà de jours convulsifs !

Une jeune femme sans papiers, sans effet de physionomie gît dans le champ. Coquelicots et bleuets l’habillent d’une hypocrite gaieté. Elle a vaincu les abîmes pour donner la vie. Sa robe aux nuances orangées est remontée sur le haut des cuisses maculées de boue et de sang. Il lui manque une chaussure, perdue aux abords du champ. Aucun mot, aucune lettre ne l'accompagne. La femme est une inconnue qui dort.
 - Rendons-la à la terre, dit Alvaro.
Que l’impudeur du drame vécu ne pèse plus sur elle. Qu'elle dorme au moins en paix.
Alvaro s'apprête à s'incliner de nouveau au-dessus d'elle...
- Tu devrais aller me chercher une couverture, grogne-t-il à son épouse.
...mais le ronronnement d'un tracteur au loin les affole soudain. Que pourrait-on croire au vu de l'existence qu'ils mènent s'ils étaient trouvés à côté de la morte?!
Mélaine vient poser une main qui ne tremble plus sur l'épaule de son homme.
-La petite est sauvée, Alvaro. D'autres que nous vont découvrir cette pauvre femme et l'enterrer décemment.
La main de l'épouse se resserre sur l'épaule d'Alvaro.
Je t'en prie, allons-nous en. Allons-nous en ou ils nous prendront le bébé.
Le bébé pleure et a froid. Il est nu, a la peau rouge;  un souffle ardent circule en lui.

 

Ils son



 

 

Quant à

 

 

 

 



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