Prestigieux seigneur de Bretagne, valeureux compagnon d’armes de Jeanne d’Arc à la fin de la guerre de Cent Ans, tel était Gilles de Montmorency-Laval, baron de Rais. Élevé à la dignité de maréchal de France lors du sacre de Charles VII en 1429, il entra plus tard dans la légende sous le surnom de « Barbe Bleue ».
Gilles de Rais avait tout : gloire, honneur, pouvoir, richesses. En lui couvaient cependant de sinistres instincts…
Le chevalier se fit alchimiste, invocateur de démons et… tueur d’enfants. Le plus terrible tueur d’enfants que la France ait connu. Sous la plume experte de Chloé Dubreuil, qui reproduit ici l’exploit de se glisser dans la peau de son personnage principal, Infamia nous donne à entendre Gilles de Rais au terme de son existence ; mémoires fictives d’un homme de guerre devenu tueur en série au cœur du XVe siècle.
Critiques :
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« Chloé Dubreuil, avec Infamia, propose là un roman historique porté par les mémoires apocryphes de Gilles de Rais. Ce personnage est à la fois connu comme un compagnon d’armes de Jeanne d’Arc (ses succès militaires en firent un maréchal de France) et pour son jugement comme tueur d’adolescent qui le fit un modèle pour la légende de Barbe Bleue. Le récit évoque successivement son prestige initial, son usage de l’alchimie et son rapport aux démons ainsi que l’horreur de ses crimes.
La piété et l’influence de l’Église sont bien approchées. La grande erreur de Gilles de Rais fut de pénétrer à cheval, lors de la veille de la Pentecôte de l’année 1440, dans l’église de Saint-Étienne-de-Mer-Morte ; ceci constituait un sacrilège et cela amena la vigoureuse réaction Jean de Malestroit, à la fois évêque de Nantes et chancelier du duc de Bretagne.
Le récit permet de parcourir les terres de Gilles de Rais à savoir en particulier Machecoul, Tiffauges, Champtocé. Ce dernier lieu, ici orthographié Chantocé, est le lieu de naissance de notre personnage. En effet Gilles de Rais est un seigneur à la fois breton, angevin et poitevin. Notons que les ruines du château de Tiffauges sont devenues un site patrimonial appartenant au Conseil départemental de Vendée. On apprécie l’existence d’un glossaire de huit pages permettant se familiariser avec une cinquantaine de mots en usage à la fin de l’époque médiévale.
Chloé Dubreuil livre là un récit qui, bien que raconté par Gilles de Rais, ne cache pas certains faits. Ainsi peut-on lire comme pensée de ce dernier : « Pour jouir, il me fallait du sans. Le sang était la clé de ma jouissance. Je ne pouvais vivre sans son odeur de métal cru, sans ses giclées et ruissellements » (page 327). »