Livre

Moi, EVA BRAUN…

Elle s’appelait Eva Braun. La veille de son suicide, le 30 avril 1945,
elle épousa l’homme pour lequel elle avait tout sacrifié et devint
alors, pour quelques heures, Eva Hitler. Ce récit, écrit à la première
personne, dévoile cette incroyable destinée, inextricablement
liée à celle d’Adolf Hitler, le « Sauveur » de l’Allemagne, l’un des
personnages les plus sinistres de l’Histoire de l’humanité. Au fil des
mots, Eva se livre en toute spontanéité. Témoin privilégiée de ces
folles années de l’entre-deux-guerres, la « maîtresse maudite »
du IIIe Reich nous entraîne de son enfance aux derniers jours de
la Seconde Guerre mondiale, sans renier cet amour que l’on suit
comme un fil rouge.
« Cette histoire est la nôtre, Adolf. »

J’ai la chance que François Delpla, l’historien français spécialiste d’Hitler, ait suffisamment apprécié mon roman pour le préfacer. 🙂 Un petit plus pour mon livre qui m’a fait bien plaisir.

Chroniques parues sur mon roman…

https://www.facebook.com/m.courtemanche.dancause/posts/4366382050046642?notif_id=1622885402661549&notif_t=mention&ref=notif
Mélanie Courtemanche-Dancause, collaboratrice à l’Incorrect

« Je me suis plongée dans le roman historique sulfureux de Chloé Dubreuil publié chez Lemme Edit. Écrit sous la forme d’un journal intime adressé à son mari monstrueux dans les derniers jours précédant leur suicide, cet ouvrage fait polémique en posant la question essentielle : pouvons-nous, aujourd’hui, raconter l’histoire d’amour d’Eva Braun et Hitler ?
Alliant le travail d’un chercheur aux talents d’un littéraire, Chloé Dubreuil répond par un tour de force qui ne manquera pas de déstabiliser plus d’un lecteur. Pour que celui-ci se permette d’entrer dans l’esprit et l’univers de l’épouse du Führer, il doit d’abord oublier « le réflexe pavlovien, qui depuis 1945 incite à réprouver, en tout effort pour comprendre les nazis, une tentative ‘d’humaniser le mal’ » (je cite François Delpla, docteur en histoire et qui signe la préface de cet ouvrage).
👉 Et bien sûr, comme disait Hannah Arendt, comprendre n’est pas pardonner.
En lisant ce roman, je réfléchissais continuellement à Arendt et son concept de la banalité du mal. Lorsqu’elle se rend à Jérusalem en 1961-1962 pour témoigner du procès d’Adolf Eichmann, elle cherche à comprendre de quelle manière ce bureaucrate ordinaire, voire médiocre, ait pu commettre les crimes dont il était coupable. Elle se rend compte, non sans scandaliser, qu’Eichmann a fait le Mal sans réelle méchanceté, dans un parfait esprit de petit fonctionnaire, devenu un rouage plutôt qu’un personnage diabolique. Incapable de penser, il serait devenu incapable de former des jugements moraux. Elle conclue que le Mal suprême est perpétré par des êtres insignifiants, ainsi se banalise-t-il et contamine-t-il toute une société.
Parallèlement, le roman pose la question : « Comment une jeune fille joyeuse, délurée et superficielle a-t-elle pu apprécier la compagnie d’un homme politique ennuyeux et monstrueux, au point de l’accompagner dans le suicide ? »
La réponse est la même.
Nous avons affaire à une femme terriblement médiocre : qui n’a d’autre ambition que celle d’une starlette bourgeoise et qui n’a d’autre échappatoire que la frivolité et le narcissisme. Elle voulait une vie exceptionnelle, qui ressemblât à celles des vedettes de cinéma. Elle écrit dans son journal : « Au pire, j’aurais pu être un pion qu’on utilise. Je ne le voulais pas ». Elle cherchait à maîtriser son existence et échapper à la banalité, mais au final — prise dans le tourbillon d’un amour totalitaire qui la transforme en « objet quasiment hygiénique », qui lui arrache toute autonomie de la pensée —, ne fait que subir à la fois la vie et la banalité. Elle crut devenir célèbre de son vivant, elle demeurât une insignifiante, tout comme Eichmann.
Pour autant, il ne faudrait pas lui coller l’étiquette d’une femme piégée par le paternalisme de son amoureux : à une époque où on tend à angéliser la femme, qu’on la déresponsabilise de ses actes sous couvert de victimisation sous le poids d’un patriarcat fasciste, Chloe Dubreuil nous dépeint un personnage féminin qui surprend par sa volonté, à défaut d’être animée par des convictions : « Le loup s’était déguisé ; de mon plein gré, je me suis faite sa proie. »
S’agit-il pour autant de romancer l’expérience nazie ? Non. L’écrivaine a-t-elle le droit de l’humaniser ? Oui, et j’ajouterais même qu’elle en avait le devoir. Chloé Dubreuil nous rappelle que le Mal n’est pas extérieur ou étranger à l’Homme, il est toujours issu de lui. De même, elle empêche qu’on attribue à Hitler et ses complices une grandeur intouchable, ne serait-ce qu’une grandeur satanique. Dans sa correspondance avec Karl Jaspers, Hannah Arendt nous confie : « toutes les tentatives visant à mythifier l’horreur doivent être combattues et tant que je ne me sortirai pas de telle formulations, je n’aurai pas compris ce qui s’est réellement passé. »
En dehors des livres d’histoire, le roman de Chloé Dubreuil est sans doute une des meilleures tentatives actuelles de compréhension, et nous n’avons certainement pas fini de comprendre. »

Moi, Eva Braun… de Chloé Dubreuil

« Quand j’ai vu la couverture si graphique, sobre et élégante, mystérieuse et envoûtante d’un roman sur l’histoire d’Eva Braun, je n’ai pas pu résister à l’envie de le lire et je n’ai pas été déçue bien au contraire. Je trouve dommage qu’il n’est pas bénéficié d’une belle mise en avant chez les libraires… Heureusement que ce livre bénéficie d’une mise en lumière via les réseaux sociaux.

C’est la première fois que je lis une histoire à la première personne où l’auteur se met dans la peau d’Eva Braun, ce qu’elle a vu, ce qu’elle a pensé, ce qu’elle a enduré pour passer de l’ombre à la lumière non comme ces artistes qui ne rêvent que de gloire mais comme la seule, l’unique, l’irremplaçable… femme d’Hitler, la personne la plus proche de celui qui a conduit aux pires horreurs de la Seconde Guerre mondiale… Une femme de l’ombre parmi tant d’autres, maîtresse puis épouse d’Adolf Hitler le temps de quelques heures… Mais qui a su marquer l’histoire en marche de par son amour indéfectible avec l’un des dictateur, responsable du génocide de tout un peuple.

C’est très particulier et troublant de comprendre une femme qui reste une énigme, comment être l’intime d’un dictateur, comment peut-on aller jusqu’à l’épouser… Cela paraît inimaginable et pourtant Eva l’a fait. L’aspect psychologique d’Eva, sa personnalité… sont intéressants, son enfance, son désir d’indépendance, ses objectifs, ses rêves, sa force pour gravir les échelons jusqu’à devenir ce qu’elle a voulu.

Comment a-t-elle pu aimer une personne qui en plus d’avoir l’âge de son père a mis en place tout un projet machiavélique et inhumain ? La réponse est peut-être dans son enfance stricte, dans son besoin de se sentir aimé, d’être indispensable, importante…

Préface de François Delpla, biographie des personnages mentionnés au fil du livre et sources utilisées pour l’écriture de celui-ci.

Récit à la première personne sur Eva Braun, réminiscence de sa vie tel le journal intime qu’elle aurait pu écrire, témoignage précieux de celle qui a été la plus proche d’Hitler, lui offrant corps et âme jusqu’à le suivre dans la mort. Une lecture fascinante, très instructive, très troublante… Au point que le lecteur a l’impression de lire le journal intime d’Eva Braun écrit de sa main. »

Chronique https://promenadesculturelles2.wordpress.com/2020/12/19/moi-eva-braun-chloe-dubreuil/

« Vous me connaissez, je suis passionnée par la littérature et l’Histoire. Et par rapport à cette dernière, j’aime me documenter sur toutes les périodes ou presque, sur tous les grands personnages, sympathiques ou sulfureux. Connaître pour mieux comprendre, connaître pour pouvoir en parler, tel est mon credo.

Chloé Dubreuil touche ici à deux personnages dont l’évocation reste difficile tant ils ont marqué l’Histoire : Eva Braun, d’un côté et, par son intermédiaire, Hitler. Je me suis toujours demandé comment elle avait pu l’épouser, surtout connaissant le contexte… et j’en avais déduit qu’elle devait être comme lui. Oui, je sais, c’est assez précipité comme avis ! Mais avouez que pour se lier à un tel personnage, il faut quand même avoir des convictions, du sang-froid et des neurones en moins. Ceci dit, en lisant ce roman, je me suis aperçue qu’il y avait autre chose. L’amour a véritablement été son moteur. Elle s’est entichée de ce petit bonhomme charismatique au point de tout accepter, de tout subir. Qu’on ne s’y méprenne pas, le livre ne la fait pas passer pour une victime non plus. Elle a pleinement conscience de ce qu’elle fait. Elle raconte ceci avec la même froideur que ce qu’aura été son parcours. On découvre, par son biais, comment se comportait son amant.

J’ai aimé la façon dont Chloé Dubreuil nous présente les choses. Se mettre dans la peau d’Eva Braun n’a pas dû être évident. Je suis toujours friande des autobiographies romancées qui nous font entrer ainsi dans la vie de ces personnalités beaucoup plus facilement qu’un livre d’Histoire. Et, bien que le personnage soit rebutant au premier abord, j’ai dévoré ce roman ! »

 

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« On ne connait que fort mal Eva Braun, qui croise la route d’Adolf Hitler en 1929 (le père d’Eva parle à l’époque du « clochard autrichien »…) et qui devient madame Hitler quelques heures avant de se suicider dans les ruines de la chancellerie du Reich en avril 1945. Ce livre, « reconstitution » de son journal intime, nous la présente au plus près du Führer, et donc au coeur du système national-socialiste.

Il ne s’agit donc pas stricto sensu d’un livre de recherche historique, mais comme le précise François Delpla dans sa préface, « Chloé Dubreuil, assimilant toute la documentation disponible et les plus consciencieux ouvrages d’histoire ou de fiction, se glisse dans le corps et l’esprit d’Eva Braun et lui prête des pensées invérifiables -l’essentiel de son journal et de sa correspondance ayant disparu- mais, le plus souvent, tout à fait vraisemblables ». Elle écrit donc « je » pour Eva et « tu » pour Adolf. Au fil des pages (passons sur les relations sexuelles entre les deux partenaires), elle aborde leur vie quotidienne (« Je me disais que nous aurions des enfants plus tard ») et nous croisons ainsi les grands dignitaires du parti et du régime (Goebbels, Bormann, Göring, Hess, Ribbentrop, Baldur von Schirach, etc.), mais aussi les artistes de l’époque (Greta Garbo, Breker, Leni Riefenstahl, etc.) et elle nous les présente dans un cadre presque familial, sous un jour qui n’est pas nécessairement celui des projecteurs et de la propagande. On a ainsi une vue qui semble assez réaliste par exemple des nombreux séjours au Berghof, le nid d’aigle des Alpes bavaroises, « avec ses trente pièces sur trois étages ». Le lecteur assiste aussi à la présentation par Speer des maquettes de la future capitale du Reich millénaire (avec son arc de triomphe « plus imposant que celui de Paris »), et y apprend que les dessins animés de Walt Disney comptent « parmi les oeuvres préférées » d’Hitler. Et après le début de la guerre, alors que les armées les plus formidables de l’histoire s’affrontent : « Il était tout à fait clair dans ma tête que j’allais vivre dorénavant comme si chaque jour était le dernier ». Avec cette phrase, qui marque la distinction entre l’Adolf privé et le Hitler public : « Pour le personnel du Berghof et de la chancellerie, tu étais un bon patron »

Un livre étonnant, où la guerre est indirectement présente, lointaine. Où la réalité du régime nazi s’estompe derrière un quotidien privé souvent banal. Où, comme l’écrit François Delpla : « Pour rendre justice à ce travail littéraire, la critique devra surmonter un réflexe pavlovien, qui depuis 1945 incite à réprouver, en tout effort pour comprendre les nazis, une tentative d’humaniser le mal ». Or, « si l’on osait cette hypothèse, la concentration du blâme sur ses actes criminels n’en serait que plus accusatrice ».

L’insoumise


An de grâce 1348.

La guerre de Succession déchire la Bretagne et oppose le roi de France au monarque d’Angleterre. Le fléau de Dieu, cette Peste Noire qui décimera l’Europe, s’apprête à déferler. Maeve est née fille du vent, soumise à sa seule liberté, mais en ces temps chahutés par les hommes et la Providence, il ne fait pas bon s’affirmer au détriment des lois et de la religion.

Thibault De Quimerc’h, bâtard d’un seigneur breton, nommé lieutenant du bailli, reniera tout ce en quoi il croyait, tout ce devant quoi il s’était incliné par obsession de celle qu’il va devoir pourchasser.

De l’île de Sein à Paris, de Quimper à Rouen jusqu’aux confins d’un territoire que les vikings avaient nommé Vinland, le « pays des pâturages », dans l’actuel Canada, la fuite de Maeve la portera à quêter la paix et l’oubli de ses semblables. Mais quand l’amour cherche à vous confondre, il peut bouleverser bien des destinées…

“La lune était d’un bleu glacé, à ras d’écueils, comme emprise dans le givre des rochers. La sorceresse l’avait invoquée et la lune était venue, si bien venue que les habitants de l’île ne savaient plus s’ils étaient en train de tomber dans son giron ou si c’était elle qui fondait sur eux.”

L’insoumise est une grande fresque aventureuse, de ces romans qui font renaître sous nos yeux un monde oublié, malmené par la superstition, la trahison et la mort. Mais aussi par la la force de vie et la passion qui régissent ses personnages.

Chronique https://promenadesculturelles2.wordpress.com/2020/12/04/linsoumise-chloe-dubreuil/

« Forcément, en lisant la quatrième de couverture, je ne pouvais que me frotter les mains, m’installer dans mon fauteuil préféré et oublier tout ce qu’il y avait autour de moi ! Et c’est bien, par ailleurs, ce qu’il s’est passé pendant ces heures de lecture ô combien agréables ! J’ai fait un bond dans le temps, j’ai voyagé, je me suis enrichie culturellement… Le tout en n’ayant pas bougé, si ce n’est mon index qui tournait les pages.

Je suis profondément admirative de l’écriture de Chloé Dubreuil. Elle arrive à m’embarquer, quel que soit le thème, dans l’histoire qu’elle traite et j’adore lorsque cela se conjugue avec la grande Histoire. Sa plume est alerte, on a toujours envie de savoir ce qu’il y aura sur l’autre page. En voyant l’heure tourner, je me disais à chaque fois : « Encore un peu ! », redoutant le moment où il faudrait laisser Maeve vaquer à ses occupations pour retourner moi-même à mon quotidien.

Bref, je pense que vous l’aurez compris : j’ai adoré ce livre ! »

Chronique: https://leboudoirdulivre.wordpress.com/2021/04/11/linsoumise-de-chloe-dubreuil/?fbclid=IwAR0vmKipT5drRc0bL2S_7onCIFp-CBG3teFNqmYb_woQI15wwJAwRIBEMHs

« Après avoir découvert Chloé Dubreuil avec « Moi, Eva Braun », je suis ravie de découvrir son autre roman « L’insoumise » qui va m’entraîner sur les traces de l’Inquisition et de la Peste Noire mais aussi des croyances et des hérésies. J’adore le style d’écriture de l’auteur qui m’emporte avec délices dans l’histoire. Le Moyen-Age n’est pas ma période de prédilection mais j’adore découvrir l’histoire surtout quand c’est à travers des romans bien écrit fourmillants d’informations historiques.

Je pensais que ma lecture allait durer plus longtemps quand j’ai vu la police d’écriture si petite hors il n’en fut rien vu que les chapitres sont courts et l’histoire intense. Un petit bijou d’histoire !

Une histoire qui se met lentement en place, peut-être un peu trop… A presque la fin de l’histoire, j’attends toujours la rencontre de Maeve et Thibault. Malgré cela, le style de l’auteur, les descriptions et le contexte historique font qu’on tourne les pages avec avidité pour en savoir plus sur cette période sombre de l’histoire de France. On a plaisir à suivre l’exode de Maeve et la recherche de celle-ci par Thibault, on espère qu’ils finiront par se rencontrer, s’expliquer et peut-être s’aimer…

Les sujets sont nombreux : la Peste Noire, la misère, la famine, les croyances, l’Inquisition, l’hérésie, les viols, le statut de la femme, les séismes…

On prend plaisir à découvrir cette période de l’histoire, on se laisse bercer par les mots de l’auteur qui savent si bien retranscrire l’histoire de France aux lecteurs.

Un second roman, plein de promesses qui nous fait découvrir ou redécouvrir l’histoire de la France ! »

Chronique :https://hellobook323.wordpress.com/2021/04/12/linsoumise-de-chloe-dubreuil/

« Très belle découverte pour ce roman !

Je n’ai pas l’habitude de lire des romans historiques, et malgré la difficulté que j’ai pu rencontrer, j’ai énormément aimé.

Nous allons suivre Maeve et Thibault en 1348, ce qui fait que nous avons un récit où l’on peut facilement s’immerger dedans. Le vocabulaire est d’époque, j’ai appris beaucoup de mots grâce à ce roman. De plus, Chloé DUBREUIL décrit tellement bien cette époque. On se rend bien compte qu’il y a un énorme travail qui a été fourni et ce n’est qu’un bonheur à lire.

De plus, à travers son récit, elle dénonce de nombreuses choses actuelles. Un d’entre eux m’a marqué : le viol ! Et je trouve ça important, car il ne s’agit pas seulement d’un récit pour divertir, mais aussi pour sensibiliser sur certaines choses.

J’ai beaucoup aimé suivre Maeve, c’est une femme très attachante. Quant à Thibault, au début, j’ai eu du mal à m’attacher à lui, mais plus le récit passe et plus il se révèle. J’ai aimé sa sincérité. De plus, j’ai senti un changement dans le récit. Lorsque c’est Maeve au centre, le récit est plus descriptif, plus doux et quand c’est Thibault, c’est plus rythmé. Je trouve ça vraiment chouette.

Même s’il y avait de nombreux mots que je ne connaissais pas, cela ne m’a pas gêné puisque l’auteure rend fluide le récit et les évènements. Il y a aussi du suspens jusqu’à la fin ! Et j’ai adoré la fin, c’est ce que j’attendais 🙂

Si vous aimez les romans historiques ou que vous souhaitez découvrir ce genre, je vous conseille ce roman ! »

 

Début du roman:

 Ils viennent… Île de Sayn13 février de l’an de grâce 1348 La lune était d’un bleu glacé, à ras d’écueils, comme emprise dans le givre des rochers. La sorceresse l’avait invoquée et la lune était venue, si bien venue que les habitants de l’île ne savaient plus s’ils étaient en train de tomber dans son giron ou si c’était elle qui fondait sur eux. L’astre nocturne affolait, terrifiait et pourtant chacun, en cette nuit d’Imbolc, se vouait à sa puissance. Un vent du nord-ouest faisait osciller les falots suspendus aux cornes de quatre vaches aux flancs maigres. En leur centre, les hommes et les femmes dansaient, s’effleuraient pour mieux se repousser, bouche muette, corps arqué, le regard portant loin au bas du tumulus, sur l’océan déchaîné. Et tous s’épuisaient dans cette Ronde de la Mer qui célébrait les Esprits des Eaux, sanctifiait la manne que la tempête ne manquerait pas d’apporter. Quel navire allait se drosser contre les récifs ? Cette nuit était celle de la lumière, de la purification, de la fertilité ; elle serait celle aussi de l’Ankou, serviteur de la Mort. Vie et mort ne feraient plus qu’une. L’éclat de la lune s’intensifia, elle allait avaler l’île et la mer. Les embruns fouettaient les visages, des remparts ruisselant d’eau se dressaient autour des granits, le raz bouillonnait. L’odeur âcre du varech crevait les cœurs. Les volutes du noroît faisaient claquer les manteaux de grosse bure. Tout n’était plus que furie à une lieue de l’ancien tertre druidique. La vieille Katell repoussa d’une main décharnée la capuche de sa pèlerine ; sa face apparut, creusée d’orbites aux iris du même bleu glacé que l’astre de la nuit. Sous la peau amincie se devinait le dessin des os frileux. Elle était la veuve dite Bandrui, la femme-forte qui appartenait au monde caché, celle dont on se méfiait, mais qu’on vénérait aussi, celle qui pouvait vous jeter un sort si vous lui mentiez ou la trompiez. Celle qui lisait les songes, avait le pouvoir de vous rendre invulnérable, d’évoquer les trépassés. La sorceresse de l’île-des-Sept-Sommeils : Katell la Sage. — Ils viennent ! Son regard dardait les ténèbres océanes, ses bras convulsaient dans la lueur des lanternes. La Ronde s’accéléra, hallucinée. Au clocher du prieuré une volée de cloches sonna lugubrement les matines : la mi-nuit était entamée. — Ils viennent, croassa une nouvelle fois Katell en se figeant soudain. Ses doigts tannés, tavelés, à la peau si fine qu’y transparaissait le réseau des veines, s’agrippèrent violemment à la manche d’une donzelle. Le front cerné d’une couronne d’ajoncs, cette dernière tournoyait, bondissait à l’entour de la vieille femme. Sa fièvre de bacchante empourprait ses pommettes. Une courtepointe de cheveux interminables serpentait entre ses seins sur la cotte nonchalamment lacée, caressait la courbe de ses reins à travers la brune futaine avant de se lover autour de son cou dénudé. Elle avait la beauté sauvage de son île, une blondeur ambrée. Il se dessinait en elle le creuset de toutes les âpretés, de toutes les voluptés. Elle était Maeve, elle était l’ivresse, parce que c’était cela que signifiait son nom. Maeve se figea immédiatement au contact de la main sur sa manche. L’ombre d’un albatros fendit le ciel au-dessus des deux femmes pour venir se poser à leurs pieds. Une plume virevolta avant de se fondre à la lande gelée. Le grand oiseau hua, faisant claquer son bec. Son cri fut couvert par les rugissements du vent. Seuls les mots de la vieille Katell, comme arrimés à un fil invisible, pouvaient avoir pénétré les esprits. De l’autre côté de l’anse, une masse sombre émergea des ténèbres de la mer, parut raser la lune énorme. Une nef dont la voile unique s’effilochait en lambeaux, un navire de cent tonneaux peut-être ; la manne que les habitants attendaient. Elle oscillait désespérément sur les flots, incapable de résister à l’attrait des récifs, à l’appel de la sorceresse. Les lamentations qui s’en échappaient retombaient dans le sourd hourvari des vagues. L’albatros battit des ailes, la Ronde se brisa. Comme brusquement extirpés de leur transe, les corps s’immobilisèrent, les bouches jusqu’ici muettes murmurèrent. Ils étaient de tous âges sous les chapes de laine protégées des embruns par la couche de cire dont celles-ci étaient enduites. Une trentaine de vilains qui n’attendaient plus qu’un ordre à présent. Un craquement formidable fracassa le râle de la terre. Le noroît sifflait.
 — Allez ! chuchota Katell. Débarrassant les vaches des lanternes dont les oscillations avaient servi à attirer le navire en détresse, les manants s’en allèrent afin de récupérer leur trésor. L’albatros s’envola dans leur sillage. La blancheur de givre de la lande se grisa dès qu’ils eurent descendu le tertre. Il n’y avait plus que le bleuté de la lune pour éclairer maintenant la vieille Katell… et Maeve demeurée auprès d’elle. Sa poigne s’éternisait sur le bras de la donzelle. Celle-ci ne chercha pas à s’esquiver. La silhouette d’un jeune pêcheur réapparut à mi-pente du tumulus. Le bonnet de laine rouge qui emboîtait son crâne dominait des traits façonnés à la serpe. Il boitait, mais était grand et large d’épaules sous le mantel qui le couvrait tout entier. La jeune femme lui cria : — Va-t-en, Brann ! Va-t-en avec eux, je vous rejoindrai plus tard… Il sembla hésiter un instant – sans doute avait-il ressenti au cours de la Ronde le désir trouble monter en Maeve, la sève de son désir qui exigeait en cette fête d’Imbolc de renaître à la vie après avoir donné la mort -, mais il connaissait sa cousine, elle ne se rebellerait pas contre la main qui restait plaquée à sa manche. Elle était de la même engeance que Katell : fille du vent et de la mer. Elles commandaient, ils obéissaient. Brann obéit. Était-ce pour montrer qu’il consentait à sa demande ? Il souleva haut sa lanterne où se consumait un moignon de suif puis la rabattit et fit volte-face. La couche d’humus, rigidifiée par le gel, craqua sous ses sabots. Une enfilade de falots s’était engagée dans la langue de terre étroite et basse qui reliait les deux côtés de l’anse. Des bordées d’écume échevelaient les récifs, la population devrait attendre que la tempête se calmât pour approcher le lieu du naufrage. Restait à la vieille Katell de convaincre les Esprits des Eaux de se retirer. Elle ne le fit pas tout de suite pourtant, une ombre endeuillait son regard. — Ils viennent, Maeve. Ses mots se répétaient. Pourquoi ? Le noroît la fit vaciller, elle avait l’air si fragile tout à coup ! La jeune femme l’entoura de ses bras, elle sentit les os sous la peau, huma les relents de peur, prémices de ce qui était à venir : supplice, souffrances. Exil. Maeve se raidit. L’aïeule n’avait jamais eu peur. De rien ni de quiconque.
Mais cette fois était différente, la jeune femme sut que le mal prendrait sous peu possession de l’île. Sa voix crachota : — Par Dieu, qui ? — Des hommes à l’âme tourmentée et qui nous disent plus cruelles que la mort, infectées par l’hérésie de la sorcellerie. — Celle-ci n’existe pas. — Leur ignorance les guide. Ils viennent. Maeve secoua vigoureusement la tête, l’or irisé de sa chevelure balaya sa poitrine. Contrairement à la plupart des habitants de l’île dehors cette nuit, elle ne portait pas de pèlerine pour la protéger du froid, juste une cotte aux manches amples et un surcot de même toile brune, ceinturé par un cordon de cuir entrelacé. Maeve aimait la morsure de l’air dans les replis de sa chair, c’était son plaisir. L’un parmi d’autres. Et personne ne s’élèverait contre ce qu’elle était. — Nous ne les laisserons pas nous offenser, Katell. Qu’ils viennent et ces marauds le regretteront… Sur le visage parcheminé de la vieille femme s’esquissa un drôle de sourire, d’une douceur enfantine, ouvert sur des incisives ébréchées, jaunies par le temps, et qui tranchait sur la dureté des iris d’un bleu de glace. — Tu as raison, ma fille, l’Ankou de la Mer nous protégera. Le halo des lanternes de bois s’éteignait au loin et s’éteignait avec lui l’éclat surnaturel de la lune. L’astre était si proche encore, cadrant l’horizon et ses récifs où un navire s’était éventré. Brisée de corps et de bois. La farandole de falots attendait. Seul le fracas des vagues se faisait entendre à présent. Au sommet du tumulus, deux femmes se détachèrent l’une de l’autre. Hérissées entre terre et ciel, elles allaient soumettre la tempête. Une paire d’ailes blanches les survola. L’île leur appartenait.

Histoires singulières de vies ordinaires

Voilà un recueil écrit comme un miroir tendu à notre société, une plongée dans ce qui se murmure autour de nous, en nous aussi parfois.

Les histoires qui le composent mettent en scène des personnages tout en heurts et fragilités, bousculés par la vie, par son âpre réalité. De temps à autre, ils nous emmènent dans quelque pays lointain ou univers décalé, comme si, au fond, il n’y avait pas de frontière entre le rêve et le monde qui nous entoure.

Histoires singulières de vies ordinaires, c’est un voyage dans l’âme humaine.

Quatorze nouvelles fortes, étranges, troublantes.

Quatorze nouvelles qui ne s’oublient pas.

 

Extrait :

– Regarde, dit l’enfant.

Ce qu’il désigne est un tableau, l’écho d’une épiphanie d’atmosphère ; un tableau  signé Vincent Van Gogh.

– Dessine-moi des soleils, ajoute l’enfant.

Une ligne d’un blanc émaillé se profile entre ses lèvres. Elle a tout l’air d’un trait qui relierait un point A à un point B (l’idée de joie à celle de bonheur), il ne faut pas la briser.

Que rétorquer ?

Comment le père pourrait-il expliquer à l’enfant que les soleils dont il parle ont tout de sphères étoilées.

Que la nuit a pris le pas sur le jour.

Que l’oppression ressentie par la vague déferlante du ciel a quelque chose de féroce et qu’il pourrait sombrer, être happé, déchiqueté par cette série de chromes et de bleus ?

La main tremble, la craie hésite. Le père devra bientôt rendre l’enfant, l’heure tourne, mais il ne se décide pas. Pourquoi l’a-t-il conduit en ce musée ? Le tableau captive le garçon. Ses yeux se plissent pour mieux contempler la toile et ses volutes nébuleuses. Elles ont quelque chose de magique pour lui. Il a le sentiment d’un astre démultiplié, comme une guerre des mondes qui roulerait ses fanes au-dessus du village tracé à gros traits hachés. Et puis il y a cet arbre, là, au ras de son regard qui semble vouloir monter vers le firmament. L’enfant en est sûr, l’arbre est prêt à s’envoler pour perforer de ses cimes le royaume des dieux.

Tue-moi

Dans un champ de blé, un bébé vient de naître, sa mère à ses côtés, morte, une statuette de bois dans sa paume entrouverte.

Le nouveau-né est découvert, recueilli, aimé par un couple de saltimbanques.

Enfant devenu femme avec le drame de sa naissance pour obsession, Zahra part à la recherche du père, celui qui n’était pas là. Un père, devenu l’objet d’une valse entre amour et déraison ; objet d’une quête originelle nécessaire, pour une rencontre, ultime.

Tue-moi met en scène avec une écriture âpre, nuancée de poésie, l’idée de vengeance qui bouleverse tout. Toutes les lois du cœur, toutes les retenues de l’âme.

Le blog de Promenades culturelles a dit:
https://promenadesculturelles2.wordpress.com/2017/11/21/tue-moi-chloe-dubreuil/

« Chloé Dubreuil sort des sentiers battus en nous présentant ce livre, à mi-chemin entre roman noir et thriller. Nous ne sommes pas ici dans quelque chose d’historique.

Le titre peut déjà nous faire concevoir une histoire peu banale… et les gros nuages sur la couverture sont symboliques de tout ce qui peut venir obscurcir une vie, ce qui est bien le cas ici.

Lorsqu’une famille de nomades découvre dans un champ une femme morte en couches et son bébé à côté, leur instinct familial les pousse à adopter cette petite chose qui n’a rien demandé et qui commence sa vie ainsi, dans la boue. Là encore, on pourra y voir un présage. Mais comme souvent chez les enfants adoptés, la recherche de ses racines est plus forte que tout, quitte à détruire…

J’ai lu ce livre sans m’arrêter, ou à peine. On peut dire que Chloé Dubreuil sait ménager le suspense. On souffre avec la famille adoptive, avec Zahra. On veut savoir nous aussi, coûte que coûte. Je ne m’attendais pas du tout à ce dénouement, qui m’a laissé un sentiment de malaise car, sans rien dévoiler, on peut dire qu’il est peu conventionnel (ouf, heureusement !), que ce soit dans la vie réelle ou dans les habitudes que nous avons lorsque nous lisons un roman de ce type.

Tout ceci vous intrigue ? Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire… »

« On s’assoit et on ouvre le livre, aux premières pages, on se doute que la fin sera tragique, alors on s’installe, tranquille, on va chercher un verre, on continue, on rentre dedans, les descriptions si réalistes font en sorte que l’on est immergé totalement dans l’histoire, on ressent et on imagine les situations.
Au fur à mesure des pages cela s’enchaîne, s’accélère et puis la FIN, dure, impensable, je n’osais y croire ou je ne voulais pas y croire… » – Gilles google

L’Esprit du Graal

Début du XIIe siècle, le monde ne sera plus le même…

En Palestine, Jérusalem est tombée aux mains des croisés. Deus vult, Dieu le veut, la terre se déchaîne, une mer de sang ravage la région. C’est dans ce fracas des armes, ce tumulte des cœurs qu’Onfroi de Saissac, obscur chevalier occitan, va se voir confier une mission pareille à nulle autre : emporter dans le Midi de la France où est une Pure est née, où de Nouveaux Chrétiens espèrent apporter la lumière aux hommes le Graal parmi les graals. Mais dissimuler et protéger la Pierre de Vérité de la furie et de la convoitise des plus exaltés est un chemin semé d’embûches.

Tant de destinées vont se mêler et se confronter… Tant de personnalités vont se révéler jusqu’à se perdre parfois. Autour d’Onfroi de Saissac, la frondeuse Asseline, qui se rebelle contre sa condition de pucelle ; Raoul de Montady, prêtre et sicaire du Christ égaré dans les limbes de sa foi ; Muriette, l’enfant prodige, Élue de Dieu, agneau voué au sacrifice…

L‘Esprit du Graal est un roman à l’atmosphère épique, quête de vie et de sens dont les péripéties nous transportent d’un côté et de l’autre de la mer avec la passion de la grande et de la petite histoire. Construit comme un thriller, richement documenté, magnifié par des personnages à l’identité forte, il nous dévoile une période pleine de bouleversements : celle de la première croisade en Palestine, de l’émergence du catharisme en Occident, de la naissance des Templiers au Levant.

Chronique: « Mes promenades culturelles » – blogdelydia.canalblog.com/

« J’ai pris mon temps pour lire ce roman car je ne voulais pas risquer de passer à côté de quelque chose. Les fêtes achevées, la famille partie, l’appartement rangé, me voici donc à nouveau le nez dans les livres. Et comme vous le savez, je ne résiste jamais, faible que je suis, à l’appel du Moyen Âge. Rien que le titre est déjà un enchantement, la couverture, une évasion… Si l’on me cherche, je suis en voyage, destination le XIIe siècle, entre Jérusalem et Carcassonne. Merci de ne me déranger sous aucun prétexte !

Attention Pépite ! Et je vous assure que je pèse mes mots ! J’ai été littéralement happée par le vortex stylistique de Chloé Dubreuil qui n’a pas son pareil pour nous faire vivre des épisodes historiques ou pseudo-historiques. Âmes sensibles, vous allez vous endurcir ! Sur certains points, le monde médiéval est âpre. On ne fait pas dans la dentelle… Et quelques instants, relatés comme si on y était, font froid dans le dos. Je pense notamment à l’exécution par le pal du seigneur de Montady devant Raoul, son fils de neuf ans… J’en ai encore la chair de poule ! Ajoutons à cela le récit d’une émasculation partielle… On n’y va pas de main morte ! Mais pour compenser toute cette violence, on a aussi de beaux moments. L’instant où Asseline « devient femme » est d’une splendeur ! Bref, on tourne les pages fébrilement, on a hâte de savoir ce qui va se passer… L’atmosphère ésotérique vous prend et ne vous lâche plus !

Et ce final ! Éblouissant ! Mais dites-moi un peu, Dame Chloé, n’auriez-vous pas été conteuse ou poétesse dans l’ancien temps ? Bon, je pense que vous l’aurez compris, j’ai adoré ce texte qui ne ressemble à aucun autre. Je suis toujours surprise (dans le bon sens du terme) par les écrits de notre romancière et j’en redemande ! »

SYNOPSIS:

1099, Jérusalem. Tandis que les soldats de la première croisade investissent la ville, le chevalier Jean de Mareuil répond à l’appel d’une Voix qui va le mener dans les soubassements du Temple et lui montrer ce que sera l’avenir de l’Homme. Telle est dès lors la prophétie de l’An Mille.

Au même moment, en Occitanie, un jeune garçon, Raoul de Montady, assiste à la mort de son père, empalé vivant dans sa tombe, la bouche bridée de fer, parce que sa mère et leurs villageois pensaient leur seigneur voué à l’astre nocturne.

Sept ans plus tard, par une nuit de la Saint-Jean, alors qu’une comète balaie le ciel de Castres, Asseline, fille d’artisan, aide à donner naissance à l’enfant de sa chambrière. La fillette aux yeux d’émeraude porte sur sa chair la marque de Dieu : sept sceaux signifiant l’imminence d’un monde nouveau…

L’enfant sera l’Élue, celle qu’attendaient les Gardiens de la Pierre de Connaissance tombée du front de Lucifer, Graal parmi les graals gardé dans un temple secret aux côtés de l’Arche d’Alliance et que le chevalier Onfroi de Saissac va avoir comme mission de mettre à l’abri dans le Midi de la France. Car la terre d’Israël va être livrée au chaos, il n’y aura plus de siècle béni pour elle ; le Graal doit être préservé de la furie des hommes.

Mais l’adversité noue ses liens avec la quête d’Onfroi. Initié à la Confrérie de la Vierge, le sire de Saissac va se voir opposé dans sa mission à Hugues de Payns et ses chevaliers du Sépulcre qui espèrent après l’Arche d’Alliance. Raoul de Montady, devenu prêtre, habité par sa foi, obsédé par l’idée de mort, se fera sicaire du Christ et auxiliaire du fondateur des Templiers en Occitanie pour débusquer la menace qui pèse contre son Église.

Afin de préserver le Graal et parce qu’il doit identifier l’Élue avant de l’unir à la Pierre, Onfroi de Saissac refonde un temple caché dans les tréfonds du Pech de Bugarach. Sept nouveaux membres devront être choisis pour se préparer avec lui au jour de la confrontation avec leurs ennemis. Asseline, qui apprendra être la fille d’Onfroi, quittera définitivement sa condition de femme pour devenir un fin archer à ses côtés. D’autres compagnons s’associeront à eux et notamment le conteur Tancrède Perlesvaux, beau blondin qui réconciliera la damoiselle avec l’amour et aidera la Confrérie à retrouver l’enfant aux yeux d’émeraude.

Tous seront confrontés à la souffrance et aux durs revers de l’existence avant de se révéler dans leur quête. Mais aucun n’y risquera autant sa raison que Raoul de Montady. Et même si l’Infidèle Marie, venue avec lui d’Outre-mer, saura lui montrer que les tourments de l’âme peuvent être adoucis par les exaltations de la chair, le prêtre finira par tuer celle qui aurait pu le sauver et se détourner de ses semblables pour ne plus avoir qu’un but : détruire la Pure qui parle à l’oreille des Bons Hommes, ces Nouveaux Chrétiens auprès desquels elle aura grandi.

Roman d’aventures, L’Esprit du Graal associe avec passion petite et grande histoire et nous fait découvrir d’un œil nouveau une période pleine de bouleversements : celle de la première croisade en Palestine, de l’émergence du catharisme en Occident, de la naissance des Templiers au Levant.

PROLOGUE:

Jérusalem, juillet 1099

Je vois et je sais, Seigneur…

– Je vois et je sais, répète en bredouillant Jean de Mareuil avant de tomber à genoux.

Ses mots se répercutent d’une paroi de pierre à l’autre et la lumière surnaturelle qui l’a submergé disparaît soudain, le laissant orphelin au milieu des ténèbres.

Le chevalier s’est aventuré jusque dans la bouche de l’Enfer et ses yeux ont découvert dans le Ciel ce qui sera et il a franchi l’espace et le temps d’un seul pas. Maintenant, que la volonté de Dieu soit faite : il devra proclamer ses visions à ses pareils, ouvrir les vannes de l’apocalypse.

– Mais quand ton royaume s’instaurera-t-il, Seigneur ?

Le murmure de l’homme reste suspendu un long moment dans l’air humide avant de retomber. Le lieu semble alors se rétracter jusqu’à vouloir étouffer le chevalier en son sein.

À genoux toujours, de Mareuil serre fébrilement la bande de cuir qui ceint la soie de son épée et tend l’oreille. En dehors du trottinement des rats, le silence est obsédant. Plus de fracas ni de gémissements. Le rythme du tambour et les alléluias… Le déchaînement du ciel et de la terre… Et la marée d’hommes, de gargouilles et de monstres ; des corps d’hommes à gueule de monstres ! Et ce déluge de foutre et de sang. Jusqu’à ce que l’univers ne soit plus et que de ce néant naisse l’homme-dieu.

Jean est seul dans le bas-ventre du Temple. La torche qui l’a conduit en ces profondeurs s’est éteinte, mouchée par le souffle du Très-Haut. Il est seul, mais un regard suprême persiste en lui et celui-ci le guidera dans le dédale des galeries pour le ramener à la surface du monde, dans ces rues et sur ces places où, comme en prélude à sa prophétie, s’amassent têtes et corps. D’hommes, de femmes, de vieillards, d’enfants – arbre et graines détruits ; tous Mahométans qui ont couru, affolés et hurlant, qui ont été débusqués, traînés tels des rats hors de leur repaire.

En cette fin de onzième siècle, la croisade du Pape et de ses Barons a cueilli ses fruits : Jérusalem est tombée, l’assaut a été sans pitié. Au bout de quarante jours à peine, la cité sainte s’est rendue et les Infidèles qui la peuplaient ont été punis de leurs outrages. Tous occis, passés au fil de l’épée, parce que le jugement de Dieu, juste et admirable, veut que ce lieu reçoive le sang même de ceux dont les blasphèmes l’ont si souvent souillé.

L’on a pataugé jusqu’aux chevilles dans une rouge mélasse. Écuyers et hommes de pied, pèlerins et moines ont raflé l’argent, pillé les maisons, fendu le ventre des notables pour arracher de leurs entrailles les byzantins d’or, les bijoux et perles que ces derniers avaient avalés, croyant ainsi les sauver. Même les Juifs déicides n’ont pas été épargnés !

Et maintenant clercs et laïcs croisés prient, pleurent de joie au pied du tombeau du Christ tandis qu’au-dessus de Jérusalem, une complainte effrayante leur fait écho : le chœur des corbeaux qui voile déjà de noir la sainte cité.

Ô temps si ardemment souhaité, ô temps mémorable entre tous les temps.

Ô événement préférable à tous les événements, que les cendres de l’Islam soient répandues aux quatre vents !

De grandes fumerolles montent dans le ciel. Le cœur de quel dieu saigne ?