Moi, EVA BRAUN…

Elle s’appelait Eva Braun. La veille de son suicide, le 30 avril 1945,
elle épousa l’homme pour lequel elle avait tout sacrifié et devint
alors, pour quelques heures, Eva Hitler. Ce récit, écrit à la première
personne, dévoile cette incroyable destinée, inextricablement
liée à celle d’Adolf Hitler, le « Sauveur » de l’Allemagne, l’un des
personnages les plus sinistres de l’Histoire de l’humanité. Au fil des
mots, Eva se livre en toute spontanéité. Témoin privilégiée de ces
folles années de l’entre-deux-guerres, la « maîtresse maudite »
du IIIe Reich nous entraîne de son enfance aux derniers jours de
la Seconde Guerre mondiale, sans renier cet amour que l’on suit
comme un fil rouge.
« Cette histoire est la nôtre, Adolf. »

J’ai la chance que François Delpla, l’historien français spécialiste d’Hitler, ait suffisamment apprécié mon roman pour le préfacer. 🙂 Un petit plus pour mon livre qui m’a fait bien plaisir.

Chroniques parues sur mon roman…

https://www.facebook.com/m.courtemanche.dancause/posts/4366382050046642?notif_id=1622885402661549&notif_t=mention&ref=notif
Mélanie Courtemanche-Dancause, collaboratrice à l’Incorrect

« Je me suis plongée dans le roman historique sulfureux de Chloé Dubreuil publié chez Lemme Edit. Écrit sous la forme d’un journal intime adressé à son mari monstrueux dans les derniers jours précédant leur suicide, cet ouvrage fait polémique en posant la question essentielle : pouvons-nous, aujourd’hui, raconter l’histoire d’amour d’Eva Braun et Hitler ?
Alliant le travail d’un chercheur aux talents d’un littéraire, Chloé Dubreuil répond par un tour de force qui ne manquera pas de déstabiliser plus d’un lecteur. Pour que celui-ci se permette d’entrer dans l’esprit et l’univers de l’épouse du Führer, il doit d’abord oublier « le réflexe pavlovien, qui depuis 1945 incite à réprouver, en tout effort pour comprendre les nazis, une tentative ‘d’humaniser le mal’ » (je cite François Delpla, docteur en histoire et qui signe la préface de cet ouvrage).
👉 Et bien sûr, comme disait Hannah Arendt, comprendre n’est pas pardonner.
En lisant ce roman, je réfléchissais continuellement à Arendt et son concept de la banalité du mal. Lorsqu’elle se rend à Jérusalem en 1961-1962 pour témoigner du procès d’Adolf Eichmann, elle cherche à comprendre de quelle manière ce bureaucrate ordinaire, voire médiocre, ait pu commettre les crimes dont il était coupable. Elle se rend compte, non sans scandaliser, qu’Eichmann a fait le Mal sans réelle méchanceté, dans un parfait esprit de petit fonctionnaire, devenu un rouage plutôt qu’un personnage diabolique. Incapable de penser, il serait devenu incapable de former des jugements moraux. Elle conclue que le Mal suprême est perpétré par des êtres insignifiants, ainsi se banalise-t-il et contamine-t-il toute une société.
Parallèlement, le roman pose la question : « Comment une jeune fille joyeuse, délurée et superficielle a-t-elle pu apprécier la compagnie d’un homme politique ennuyeux et monstrueux, au point de l’accompagner dans le suicide ? »
La réponse est la même.
Nous avons affaire à une femme terriblement médiocre : qui n’a d’autre ambition que celle d’une starlette bourgeoise et qui n’a d’autre échappatoire que la frivolité et le narcissisme. Elle voulait une vie exceptionnelle, qui ressemblât à celles des vedettes de cinéma. Elle écrit dans son journal : « Au pire, j’aurais pu être un pion qu’on utilise. Je ne le voulais pas ». Elle cherchait à maîtriser son existence et échapper à la banalité, mais au final — prise dans le tourbillon d’un amour totalitaire qui la transforme en « objet quasiment hygiénique », qui lui arrache toute autonomie de la pensée —, ne fait que subir à la fois la vie et la banalité. Elle crut devenir célèbre de son vivant, elle demeurât une insignifiante, tout comme Eichmann.
Pour autant, il ne faudrait pas lui coller l’étiquette d’une femme piégée par le paternalisme de son amoureux : à une époque où on tend à angéliser la femme, qu’on la déresponsabilise de ses actes sous couvert de victimisation sous le poids d’un patriarcat fasciste, Chloe Dubreuil nous dépeint un personnage féminin qui surprend par sa volonté, à défaut d’être animée par des convictions : « Le loup s’était déguisé ; de mon plein gré, je me suis faite sa proie. »
S’agit-il pour autant de romancer l’expérience nazie ? Non. L’écrivaine a-t-elle le droit de l’humaniser ? Oui, et j’ajouterais même qu’elle en avait le devoir. Chloé Dubreuil nous rappelle que le Mal n’est pas extérieur ou étranger à l’Homme, il est toujours issu de lui. De même, elle empêche qu’on attribue à Hitler et ses complices une grandeur intouchable, ne serait-ce qu’une grandeur satanique. Dans sa correspondance avec Karl Jaspers, Hannah Arendt nous confie : « toutes les tentatives visant à mythifier l’horreur doivent être combattues et tant que je ne me sortirai pas de telle formulations, je n’aurai pas compris ce qui s’est réellement passé. »
En dehors des livres d’histoire, le roman de Chloé Dubreuil est sans doute une des meilleures tentatives actuelles de compréhension, et nous n’avons certainement pas fini de comprendre. »

Moi, Eva Braun… de Chloé Dubreuil

« Quand j’ai vu la couverture si graphique, sobre et élégante, mystérieuse et envoûtante d’un roman sur l’histoire d’Eva Braun, je n’ai pas pu résister à l’envie de le lire et je n’ai pas été déçue bien au contraire. Je trouve dommage qu’il n’est pas bénéficié d’une belle mise en avant chez les libraires… Heureusement que ce livre bénéficie d’une mise en lumière via les réseaux sociaux.

C’est la première fois que je lis une histoire à la première personne où l’auteur se met dans la peau d’Eva Braun, ce qu’elle a vu, ce qu’elle a pensé, ce qu’elle a enduré pour passer de l’ombre à la lumière non comme ces artistes qui ne rêvent que de gloire mais comme la seule, l’unique, l’irremplaçable… femme d’Hitler, la personne la plus proche de celui qui a conduit aux pires horreurs de la Seconde Guerre mondiale… Une femme de l’ombre parmi tant d’autres, maîtresse puis épouse d’Adolf Hitler le temps de quelques heures… Mais qui a su marquer l’histoire en marche de par son amour indéfectible avec l’un des dictateur, responsable du génocide de tout un peuple.

C’est très particulier et troublant de comprendre une femme qui reste une énigme, comment être l’intime d’un dictateur, comment peut-on aller jusqu’à l’épouser… Cela paraît inimaginable et pourtant Eva l’a fait. L’aspect psychologique d’Eva, sa personnalité… sont intéressants, son enfance, son désir d’indépendance, ses objectifs, ses rêves, sa force pour gravir les échelons jusqu’à devenir ce qu’elle a voulu.

Comment a-t-elle pu aimer une personne qui en plus d’avoir l’âge de son père a mis en place tout un projet machiavélique et inhumain ? La réponse est peut-être dans son enfance stricte, dans son besoin de se sentir aimé, d’être indispensable, importante…

Préface de François Delpla, biographie des personnages mentionnés au fil du livre et sources utilisées pour l’écriture de celui-ci.

Récit à la première personne sur Eva Braun, réminiscence de sa vie tel le journal intime qu’elle aurait pu écrire, témoignage précieux de celle qui a été la plus proche d’Hitler, lui offrant corps et âme jusqu’à le suivre dans la mort. Une lecture fascinante, très instructive, très troublante… Au point que le lecteur a l’impression de lire le journal intime d’Eva Braun écrit de sa main. »

Chronique https://promenadesculturelles2.wordpress.com/2020/12/19/moi-eva-braun-chloe-dubreuil/

« Vous me connaissez, je suis passionnée par la littérature et l’Histoire. Et par rapport à cette dernière, j’aime me documenter sur toutes les périodes ou presque, sur tous les grands personnages, sympathiques ou sulfureux. Connaître pour mieux comprendre, connaître pour pouvoir en parler, tel est mon credo.

Chloé Dubreuil touche ici à deux personnages dont l’évocation reste difficile tant ils ont marqué l’Histoire : Eva Braun, d’un côté et, par son intermédiaire, Hitler. Je me suis toujours demandé comment elle avait pu l’épouser, surtout connaissant le contexte… et j’en avais déduit qu’elle devait être comme lui. Oui, je sais, c’est assez précipité comme avis ! Mais avouez que pour se lier à un tel personnage, il faut quand même avoir des convictions, du sang-froid et des neurones en moins. Ceci dit, en lisant ce roman, je me suis aperçue qu’il y avait autre chose. L’amour a véritablement été son moteur. Elle s’est entichée de ce petit bonhomme charismatique au point de tout accepter, de tout subir. Qu’on ne s’y méprenne pas, le livre ne la fait pas passer pour une victime non plus. Elle a pleinement conscience de ce qu’elle fait. Elle raconte ceci avec la même froideur que ce qu’aura été son parcours. On découvre, par son biais, comment se comportait son amant.

J’ai aimé la façon dont Chloé Dubreuil nous présente les choses. Se mettre dans la peau d’Eva Braun n’a pas dû être évident. Je suis toujours friande des autobiographies romancées qui nous font entrer ainsi dans la vie de ces personnalités beaucoup plus facilement qu’un livre d’Histoire. Et, bien que le personnage soit rebutant au premier abord, j’ai dévoré ce roman ! »

 

GUERRES-ET-CONFLITS.OVER-BLOG.COM

« On ne connait que fort mal Eva Braun, qui croise la route d’Adolf Hitler en 1929 (le père d’Eva parle à l’époque du « clochard autrichien »…) et qui devient madame Hitler quelques heures avant de se suicider dans les ruines de la chancellerie du Reich en avril 1945. Ce livre, « reconstitution » de son journal intime, nous la présente au plus près du Führer, et donc au coeur du système national-socialiste.

Il ne s’agit donc pas stricto sensu d’un livre de recherche historique, mais comme le précise François Delpla dans sa préface, « Chloé Dubreuil, assimilant toute la documentation disponible et les plus consciencieux ouvrages d’histoire ou de fiction, se glisse dans le corps et l’esprit d’Eva Braun et lui prête des pensées invérifiables -l’essentiel de son journal et de sa correspondance ayant disparu- mais, le plus souvent, tout à fait vraisemblables ». Elle écrit donc « je » pour Eva et « tu » pour Adolf. Au fil des pages (passons sur les relations sexuelles entre les deux partenaires), elle aborde leur vie quotidienne (« Je me disais que nous aurions des enfants plus tard ») et nous croisons ainsi les grands dignitaires du parti et du régime (Goebbels, Bormann, Göring, Hess, Ribbentrop, Baldur von Schirach, etc.), mais aussi les artistes de l’époque (Greta Garbo, Breker, Leni Riefenstahl, etc.) et elle nous les présente dans un cadre presque familial, sous un jour qui n’est pas nécessairement celui des projecteurs et de la propagande. On a ainsi une vue qui semble assez réaliste par exemple des nombreux séjours au Berghof, le nid d’aigle des Alpes bavaroises, « avec ses trente pièces sur trois étages ». Le lecteur assiste aussi à la présentation par Speer des maquettes de la future capitale du Reich millénaire (avec son arc de triomphe « plus imposant que celui de Paris »), et y apprend que les dessins animés de Walt Disney comptent « parmi les oeuvres préférées » d’Hitler. Et après le début de la guerre, alors que les armées les plus formidables de l’histoire s’affrontent : « Il était tout à fait clair dans ma tête que j’allais vivre dorénavant comme si chaque jour était le dernier ». Avec cette phrase, qui marque la distinction entre l’Adolf privé et le Hitler public : « Pour le personnel du Berghof et de la chancellerie, tu étais un bon patron »

Un livre étonnant, où la guerre est indirectement présente, lointaine. Où la réalité du régime nazi s’estompe derrière un quotidien privé souvent banal. Où, comme l’écrit François Delpla : « Pour rendre justice à ce travail littéraire, la critique devra surmonter un réflexe pavlovien, qui depuis 1945 incite à réprouver, en tout effort pour comprendre les nazis, une tentative d’humaniser le mal ». Or, « si l’on osait cette hypothèse, la concentration du blâme sur ses actes criminels n’en serait que plus accusatrice ».

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